Homélie du 15 février 2026 ; 6ème TO A : convoitise et répudiation

St Valentin / Session fiancés : concentré sur le péricope évangélique traitant « du mariage » même si c’est à travers la question de l’adultère.

2 dimensions : la convoitise et la répudiation

« Tu ne commettras pas d’adultère ».  1 des 10 commandements, matière à péché grave et donc possiblement « mortel » car nous coupant, e  ce qui nous concerne, de la grâce de Dieu.

 

1 pt : il n’y a d’adultère que dans le cadre du mariage : il n’y a d’infidélité réelle sans engagement réel.

La fornication n’est pas matière à péché grave ; ce qui ne veut pas dire que cela soit bon. Or « (Dieu) n’a donné à personne la permission de péché » : 1ère lecture du Sage ben Sira ; mais il nous donne toujours son pardon pour progresser en perfection et sainteté.

 

Ceci dit, Jésus décentre adultère (et fornication) du simple passage à l’acte sexuel inapproprié.

« tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur »

Attention : Jésus ne parle pas du fait d’être tenté à l’occasion d’un aperçu : la tentation n’est pas le péché. (Jésus lui-même a connu la tentation même si la Bible par pudeur sans doute ne parle pas de tentation d’ordre sexuel).

Le problème est à regarder avec convoitise :

-          Pour la désirer : en recherchant le désir ou en se complaisant dans le regard tentateur

-          Avec un désir de « possession » : désir malsain

 

 possession : de ce point de vue là  on pourrait être adultère avec son propre conjoint, que ce soit ou non dans le cadre du mariage, que ce soit ou non d’ordre sexuel. Il s’agit d’avoir un regard chaste i.e. détaché, non possessif, sur l’autre, les autres, Dieu, soi-même.

 

2pt : la répudiation

Le jour du mariage, il est souvent rappelé ce passage de la Gn « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » : affirmation préexistante au péché, affirmation de droit naturel et donc valable même pour les mariages non chrétiens.

A condition que le mariage soit valide :  « sauf en cas d’union illégitime » dit Jésus.  Il ne s’agit pas ici d’un divorce pour faute, d’une répudiation pour adultère (qui dit faute crie plutôt le mot « pardon ») mais d’une union qui a la base serait entachée de nullité (inceste, manque de liberté, de maturité etc.)

Malheureusement on ne peut que constater l’échec de certaines unions par ailleurs légitimes.

Parfois, rester ensemble met en danger la vie, la vie physique, psychique, morale, spirituelle de l’un, des deux, ou des enfants… Il faut alors savoir se séparer (voire divorcer) mais on reste malgré tout mariés et on est invité à continuer à vivre dans la fidélité au conjoint séparé. Sinon comme le rappelle Jésus il y a adultère. Pas simple. Célibat non voulu pas facile à vivre.

Attention : Jésus condamne l’adultère mais jamais la personne qui le commet…

Sans négliger les 10 commandements qui existent pour notre bien, il faut se garder de faire de notre religion une religion de l’interdit.

Insistons plutôt sur les 2 commandements positifs « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu » « Tu aimeras ton prochain ( qui peut être le conjoint) ». Et rappelons-nous le don de l’Esprit Saint reçu pour les vivre de manière heureuse et épanouie.

1Jn2.10 « celui qui aime demeure dans la lumière »