Homélie du dimanche 30 août 2026, 22ème TO A, jeu collectif individuell

Je vous exhorte, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –,en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte.

 

Votre corps = votre personne tout entière !

Mais ce n’est pas exactement ce que dit le texte grec original…

Ta swmata umwn      Les corps de vous / vos corps

 

Paul dit aux Romains d’offrir leurs corps (au pluriel) en sacrifice.

·         Il ne s’agit pas d’une offrande individuelle mais d’une démarche collective, ecclésiale.

Paul n’appelle pas à un quelconque héroïsme individuel.

·         Paul écrit probablement aux Romains en 57-58. Or la persécution de Néron, 1ère véritable persécution envers les chrétiens n’aura lieu qu’en 64, après l’incendie de Rome.

L’appel de Paul au sacrifice du corps n’est donc pas un appel au martyre.

 

L’invitation de Paul au sacrifice des corps est donc un appel collectif à une vie sacrificielle, spirituelle mais non pas désincarnée ! s’offrir à Dieu ce n’est pas que des mots ou une profession de foi, c’est un engagement de toute sa vie dans sa réalité la plus matérielle, avec les autres, de manière ecclésiale.

Une vie spirituelle désincarnée et solitaire c’est un peu comme un « spécialiste » du rugby qui ne serait jamais descendu jouer réellement avec et contre d’autres sur terrain.

La juste manière de rendre un culte à Dieu est de l’ordre du sport collectif.

Et pourtant…

« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même,
qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.

 

Jésus bien que parlant à ses disciples au pluriel leur donne une exhortation à le suivre au singulier.

 

Il ne s’agit pas ici de savoir comment rendre à Dieu un culte qui lui soit agréable comme le propose Paul aux Romains, sachant que pour Paul, le culte ou la latrie, est une action liturgique = un travail du peuple, une œuvre par essence collective !

 

Mais il s’agit ici de vouloir marcher à la suite de Jésus, de vivre un attachement personnel à sa personne. Or selon Mt, Jésus nous dit que pour le suivre il faut

-          d’abord renoncer à soi-même i.e. renoncer à suivre sa propre voie,

-          puis prendre sa croix. Littéralement soulever sa croix.

Pas celle de Jésus ! mais la sienne propre : Jésus a pris sur lui les péchés du monde entier, contentons-nous ne notre croix personnelle ; non pas pour y être crucifié (élevé) mais bien au contraire pour que nous la soulevions et que nous marchions à sa suite.

 

La priorité n’est pas au renoncement qui n’est qu’un moyen, mais bien à la volition (volonté en acte) de suivre Jésus sachant que cela ne va pas sans renoncement et sans difficulté.

Chemin de St Jacques : je suis parti en emportant toute ma vie sur mon dos…

Très vite, pour continuer à avancer, j’ai du me débarrasser de presque tout mon bagage (tente etc.).

Cela n’a pas suffit. Il m’a aussi fallu plus tard renoncer à Compostelle comme à un objectif : accepter ma faiblesse (ma croix) et m’abandonner au pas de plus que Dieu permettrait que je fasse ou non…

A mon retour de Santiago, surprise, je suis rentré au séminaire.  

Nous vivons collectivement une aventure personnelle à chacun !

C’est à chacun personnellement de choisir de suivre Jésus mais ce n’est qu’ensemble que nous pouvons rendre à Dieu le culte saint qui lui revient.

 

Que l’Esprit Saint de Dieu nous donne à la fois de ne pas écraser les autres avec nos croix personnelles tout en nous faisant Simon de Cyrène les uns pour les autres.