Homélie du dimanche 4 octobre 2026, 27ème TO A, la vigne de Dieu

La parabole d’aujourd’hui vient directement dans l’Ev. matthéen après le péricope de dimanche dernier et s’adresse donc aux mêmes protagonistes :   aux grands prêtres et aux anciens du peuple (juif)

C’est ce qui en détermine le sens 1er.

La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël.

La vigne c’est Israël, c’est le peuple élu de Dieu.

Cette vigne bien-aimée c’est à Dieu seul qu’elle appartient : c’est lui qui l’a créée à partir de rien, lui qui en a fait une nation et un territoire ; c’est sa vigne.

Cette vigne, Dieu l’a confiée « aux grands prêtres et aux anciens du peuple » pour qu’ils la gèrent, qu’ils en prennent soin, lui fassent porter du fruit, une vendange sainte à offrir à Dieu, à rendre au propriétaire de la vigne.

Or, dit Jésus, les gérants de la vigne ont trahi Dieu, son propriétaire, refusant de lui en remettre le produit malgré les multiples envoyés du maître, les prophètes maltraités et parfois même tués par eux.

Traités de voleurs, traitres et homicides, ce simple passage aurait suffit à provoquer la colère et la haine « aux grands prêtres et aux anciens du peuple ».

 

Mais Jésus va encore plus loin, au-delà peut-être de l’entendement immédiat par ses auditeurs, en parlant du fils du propriétaire envoyé en ultime démarche de conciliation et cependant finalement mis à mort par les usurpateurs de la vigne.

Ce fils du maître de la vigne, c’est Jésus lui-même se présentant comme le Fils de Dieu : blasphème absolu pour peu qu’il ait été compris. Mais, en vérité, cela ne le sera probablement que plus tard, par ses disciples, après sa mort et sa résurrection.

Mt 21.45 En entendant les paraboles de Jésus,

les grands prêtres et les pharisiens avaient bien compris qu’il parlait d’eux.

Mais pas qu’il parlait aussi de Lui.  

Quant à la vigne si elle fut confiée à d’autres vignerons, elle ne fut pas pour autant arrachée !

Certains ceps continuent à vivre et même à produire un fuit sauvage car livrés à eux-mêmes quand la majorité a trouvé en l’Eglise du Christ un fermage saint et productif.

Chrétiens, nous sommes la nouvelle vigne, mélange de cépages anciens et nouveaux.

Nous sommes le vignoble de Dieu, à la fois ceps, vigne et vignerons.

 

Vignerons les uns pour les autres, nous émondant entre nous par la charité fraternelle, pour produire un fruit agréable à Dieu et à Lui offert. Nous sommes configurés au Père, le vigneron, la maître de la vigne et nous devons y travailler avec passion.

 

Ceps. Chacun unique et différent mais tous invités à produire du fruit selon ses capacités. Un fruit parfois appelé à être pressé, écrasé, jusqu’à donner en Christ le sang d’un vin nouveau.

 

Vigne. Vignoble. Assemblage choisi, voulu. Unité à la fois symbolique et réelle d’ordre spirituel.

 

Nous sommes le vignoble de Dieu, à la fois ceps, vigne et vignerons ; puissions-nous produire du fruit, pour la gloire de Dieu et la joie du monde.

Joie et non pas ivresse..  Prions pour les victimes malades de l’alcool et autres drogues et ceux qui les côtoient…

Joie et non pas ivresse . On sait heureusement produire aujourd’hui aussi du vin sans alcool.

Ct 1.2 Tes amours sont plus délicieuses que le vin ;

Dieu n’est pas qu’un simple propriétaire de sa vigne : uniquement intéressé par son rendement et prêt à la revendre par spéculation. NON. Dieu est avant tout un amoureux de sa vigne. La parabole de la vigne n’est pas une histoire de profit mais une histoire d’amour.

Ct 1.4 tu seras notre joie et notre allégresse.

Nous célébrerons tes amours plus que le vin ; comme on a raison de t'aimer !